Concept
Il s'inspire, de la physiologie et des sciences cognitives,
à savoir ce qu'on sait depuis peu sur
les mécanismes de l'émotion et du sens du beau.
La multiplicité des impressions visuelles à l'origine de l'émotion esthétique
conduit à réunir celles-ci en une image plurielle.
Ce concept, et la technique picturale que j'ai élaborée depuis 2002, sont nés
d'une nécessité :
- 1-L'expression artistique n'a de sens que si un spectateur, quel qu'il soit, est là un jour ou l'autre pour la partager avec l'artiste.
Je cherchais les moyens donner à ma vision du monde une impression plus vraie que celle octroyée jusqu'ici par les différents modes picturaux des maîtres passés ou contemporains.
Tous ces styles se définissent, en partie, en fonction des codes des diverses perspectives inventées depuis le début de la Renaissance, que ces codes autrefois aient été ignorés, ou qu'ils aient été au XX° siècle l'objet d'un refus, aux modalités abstraite, cubiste ou autres.
Ces perspectives, à savoir un système de conventions et de proportions, qui tient compte de l'observateur, en lui donnant un rôle essentiel, reflètent la liberté et le culte de l'individu, nés avec la res publica florentine, car à cette époque, chaque homme devient précieux, parce que l'on pressent qu'il est unique, c'est-à-dire irremplaçable.
- 2-Pourtant, aujourd'hui, cette perspective s'est banalisée.Elle est devenue un mode de représentation tellement partagé, qu'elle n'a plus de sens.
J'ai imaginé
une forme de perspective,
qui tienne encore plus compte du spectateur.
Elle s'inspire, non plus de la camera obscura ou de la géométrie, mais de la physiologie sensorielle et des sciences cognitives, à savoir ce qu'on sait depuis peu sur les mécanismes
- de l'émotion esthétique
- et du sens du beau.
La sensation artistique, quelle qu'elle soit, est toujours le fruit - directement ou non - de stimulations venues de l'extérieur, c'est à dire de la réalité. Ces stimulations peuvent être immédiates, ou avoir été stockées dans notre mémoire.
Cependant, cette évocation est rarement unique :
- c'est évident lorsque l'on utilise les richesses de sa mémoire;
- mais, même lorsque la sensation est immédiate, elle est engendrée par la suite des images rétiniennes, que l'il, en perpétuel mouvement, envoie continuellement au cerveau. Le rôle de celui-ci est d'en tirer partie, notamment en les mémorisant plus ou moins précisément.
Ces mouvements oculaires sont tellement incessants qu'on peut les observer physiquement dans l'imaginaire le plus abstrait, comme aussi dans les rêves.
C'est cette notion récente de la physiologie oculaire qui m'a incité à exprimer la multiplicité de ces sensations visuelles en les réunissant en une image plurielle.
C'est pourquoi ma peinture actuelle repose souvent sur une composition qui rassemble des uvres multiples. Je les ai peintes à des moments ou en des lieux parfois différents, parce que je pressentais qu'ensemble elles synthétiseraient mieux l'émotion que je voulais transmettre. Chacune d'entre elles reflète d'une manière particulière une facette de cette réalité, et je les regroupe pour leur donner un sens supra pictural plus général.
Ce concept est un des codes de ma peinture actuelle.
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